l’Inauguration


A l’occasion de l’inauguration du Mémorial de la 42e division US,
à Fère-en-Tardenois (Aisne), France le 12 novembre 2012


 

 Photos 

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 Programmes 

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Programme de l’inaugration au Mémorial

Programme de l’inauguration à la Salle des Fetes


 

 Allocutions Prononcées 

Lettre du Major General Steven N. Wickstrom – Commandant, 42e Division d’infanterie – NY Army National Guard lue au moment de l’inaguration

September 11, 2011

Monique Seefried, Ph.D., President
Croix Rouge Farm Memorial Foundation
2052 Ridge Avenue
Montgomery AL 36106

Chère Madame Seefried, Mesdames, Messieurs invités à cette inauguration du mémorial dela ferme de la Croix Rouge:

En tant que commandant de l’actuelle 42e division d’infanterie, permettez-moi de vousféliciter pour l’installation et l’inauguration de ce monument dédié à la division Arc-en-cielsur le site de la ferme de la Croix Rouge le 12 Novembre. Il est particulièrement appropriéque vous inauguriez ce monument au cours du weekend de l’armistice.

Au nom des milliers de soldats citoyens qui font partie de l’organisation de notre divisionArc-en-ciel, cette étape intervient à un moment tout à fait approprié, certainement pour lesdescendants du 167e régiment d’Alabama et pour tous les soldats de cette historique 42e division d’infanterie.

Ce monument, que nous inaugurons cet automne, rappelle les immenses services et sacrificesde la division Arc-en-ciel et des ses 167e régiment d’Alabama et 168e d’Iowa pendant la bataille de la ferme de la Croix Rouge les 25 et 26 Juillet 1918.

Apres s’être distingué en Champagne les 15 et 16 Juillet, l’ensemble des unités de l’anciennedivision Arc-en-ciel, le 167e Alabama, le 168e Iowa, le 165e New York et le 166e Ohio, furent appelées à participer à la libération du saillant de Château-Thierry.

L’importante contribution de ces soldats de la division Arc-en-ciel à la libération du saillant de Château-Thierry prouva de façon incontestable la valeur du Corps Expéditionnaire Américain en France.

La ferme de la Croix Rouge et la traversée de l’Ourcq sont des réalisations importantes dansl’histoire de notre division et de notre armée. Tout comme les soldats du 165e régimentd’infanterie de New York, les fameux « Fighting 69th » qui se sont illustrés avec le passage del’Ourcq, c’est le succès de la ferme de la Croix Rouge qui a fait battre les forces allemandesen retraite. La charge à la baïonnette du 167e régiment d’Alabama reste une icône de notre histoire.

Apres cette bataille, les Alliés et les renforcements de nos Doughboys du Corps Expéditionnaire Américain prirent solidement l’initiative. A partir de la Ferme de la CroixRouge, les forces américaines attaquèrent et repoussèrent les forces allemandes de l’autrecoté de l’Ourcq, au cours de la seconde bataille de la Marne.

L’histoire officielle de notre division remarque que “la capture de la ferme de la Croix Rougeet des champs alentour appartient à la liste des exploits militaires qui ne peuvent pasmanquer de susciter l’admiration de ceux qui en entendent le récit, par la détermination et dela bravoure qui y furent déployées.”

Permettez moi aussi d’ajouter les compliments de notre division pour l’oeuvre du sculpteurJames Butler. Sa sensibilité, sa vision et son travail capturent la dévotion au devoir etl’immense sacrifice de notre régiment d’Alabama et de tous les soldats de la Grande Guerre.

Aujourd’hui, les hommes et les femmes de la Rainbow continuent à faire vivre l’héritage dela Marne, de la Champagne et de la vallée de l’Ourcq, de St Mihiel et de l’Argonne. Ils ont fait de même à Ground Zero ou les tours sont tombées à New York, dans les montagnesd’Afghanistan et a travers les villes et les sables d’Iraq. Nous sommes tout autant engagésaujourd’hui pour la cause de la liberté et de la démocratie que ne l’étaient les hommes de ladivision Arc-en-ciel pendant la Grande Guerre.

Je regrette de ne pas pouvoir assister personnellement à cette cérémonie. Sachez que lescouleurs de la division Arc-en-ciel, qui s’étendent d’une rive à l’autre de l’Atlantique, sont làpour témoigner auprès de vous, et de la fondation du Mémorial, de notre plus profondegratitude. Nous vous félicitons de commémorer les contributions historiques des soldats denotre division, passées, présentes et futures.

Rainbow, Never Forget!

Avec mes salutations distinguées,

Steven N. Wickstrom
Major Général, NY Army National Guard
Commandant, 42nd Infantry Division


Allocution de M. Robert J. Dalessandro – Chef de l’Histoire Militaire de l’Armée Américaine

Merci de me donner quelques instants pour commémorer les événements qui ont eu lieu il y a près de cent ans ici, à la ferme de la Croix Rouge. Laissez-moi aussi exprimer mes remerciements les plus chaleureux à tous ceux qui ont contribué à la création de ce mémorial. C’est un extraordinaire hommage aux héros.

Il est juste d’être réunis ici pour rendre hommage à la 42e division et pour célébrer la force durable de l’alliance franco-américaine.

Pour tout Américain, mais particulièrement pour un natif de Virginie, le souvenir des mots prononcés par les Américains à leur arrivée en France en 1917: “Lafayette, nous voilà” ont une signification toute particulière. Ces mots nous rappellent la naissance de la nation américaine et les batailles de Chesapeake et de Yorktown, Rochambeau et d’Estaing, et le sang précieux des soldats français versé pour la naissance de l’Amérique.

Ici, à la ferme de la Croix Rouge, comme dans la Meuse, l’Argonne, les Vosges et tant d’ autres endroits, les soldats américains payèrent une part de leur dette, dans un esprit de fraternité et d’union.

Et c’est sur tous ces sites qui, pris dans le contexte des grandes manœuvres de 1914-1918, apparaissent souvent comme le théâtre de plus petites actions, que culmine le pouvoir des individus. Car ce sont les individus et leurs actions qui permettent à chaque instant d’un combat de pouvoir être potentiellement décisif.

Ce que je vous dis ici c’est qu’à la guerre, chaque action fait une différence. Tel que ces soldats d’Alabama, d’Iowa, de France le menèrent ici…ce combat fit une différence !

Oui, les grandes batailles et les généraux célèbres reçoivent tous les honneurs et sont plus tard inscrits dans les livres d’histoire, mais le succès ou la défaite pendant ces batailles tiennent aux actions d’officiers de moindre rang, de capitaines et lieutenants, de sergents et de simples soldats. Ce sont eux qui se battent, qui gagnent les batailles et qui déterminent la victoire.

En tant que Chef de l’Histoire Militaire de l’Armée Américaine, on me demande souvent pourquoi il faut préserver des champs de bataille, pourquoi les commémorations sont importantes. Après tout, en ces temps de crise financière, pourquoi se préoccuper de garder la mémoire de batailles, et pourquoi même étudier des événements si lointains. Pourquoi l’histoire elle-même est-elle importante ?

Tout simplement parce que l’histoire est le fil qui nous relie aux hommes et aux femmes qui ont lutté avant nous. Bien au delà de nous donner une compréhension du passé, de nourrir notre fierté nationale et communautaire, l’histoire nous apprend que nous faisons partie de quelque chose de bien plus grand que nous – l’histoire nous lie aux hommes et aux femmes qui ont existé avant nous.

Nous chérissons leur héritage et tirons de leur force le courage d’affronter défis et adversité.

Nous étudions l’histoire pour que le passé instruise notre futur. C’est cela, l’importance de l’histoire !

Quelle est alors l’importance des champs de bataille historiques, de celui de la Ferme de la Croix Rouge? Pour répondre à cette question, je voudrais citer des mots bien plus éloquents que les miens :

« Des grandes actions, quelque chose reste. Sur les sites célèbres, quelque chose demeure ; les corps disparaissent ; mais l’esprit survit, sur les lieux consacrés pour une vision des âmes… et les générations qui ne nous connaissent pas et que nous ne connaissons pas, auront le cœur attiré par ces lieux, et viendront voir où et par qui de grandes actions ont été accomplies pour elles, dans de grande souffrances. Elles viendront sur ces lieux dont les morts ont disparus pour s’interroger et rêver; et soudain, l’ombre d’une puissante présence les enveloppera en son sein, et le pouvoir de cette vision pénètrera leur âme”

Si aujourd’hui peut être les actions de ces hommes vous ont touchés, ou vous ont inspirés, ou vous ont fait réfléchir et être reconnaissants pour tout ce que vous avez, alors vous avez eu cette vision – elle a pénétré votre âme. Et vous avez répondu vous-même à la question du sens de l’histoire. Vous comprenez pourquoi vous avez l’obligation de vous souvenir de ces hommes, pourquoi nous devons nous souvenir de ce qu’ils ont fait, et pourquoi nous devons nous souvenir de notre histoire.

Mesdames et Messieurs, merci de m’avoir permis de partager pendant quelques instants mes pensées avec vous. Merci d’avoir commémoré nos soldats ici aujourd’hui. Je salue ces hommes et je salue nos frères d’armes français.

Merci.


Allocution de Mme Erin Mahan, Historien Chef du Ministère de la Défense Américaine

C’est un honneur et un privilège pour moi d’être parmi vous aujourd’hui pour reconnaitre les sacrifices de la 42e Division à la Ferme de la Croix Rouge et célébrer l’héroïsme de ses soldats. Je suis profondément émue non seulement de rendre hommage aux hommes qui ont combattu et sont morts ici, mais aussi d’admirer ce mémorial qui va désormais témoigner de l’amitié historique entre la France et les Etats-Unis.

L’intervention américaine au coté de la France pendant la première guerre mondiale était une affirmation de l’amitié partagée pour l’amour de la liberté. De même que les troupes françaises aidèrent les colons américains à se libérer, de même les troupes américaines se battirent ici et sur d’autres champs de bataille du front occidental pour garder la France libre. Tout comme les troupes françaises étaient à Yorktown en 1781 pour la dernière bataille de la Révolution américaine, les troupes américaines se trouvaient à Château-Thierry lors du début de la phase finale de la Première Guerre. La conflagration, qui porta le nom de Grande Guerre, est omniprésente ici, comme elle l’est sur les nombreux champs de bataille de cette partie de la France. Les troupes étaient emplies de l’idée du sacrifice, et elles se sont sacrifiées. L’ héroïsme dont elles ont fait preuve au cours du combat mené ici à la Ferme de la Croix Rouge il y a près de 100 ans n’est que l’un exemple du massacre qu’a été cette Grande Guerre, qui a fait près de 35 millions de morts en quatre ans. L’esprit chevaleresque, l’idéalisme et le sens de sacrifice qui ont poussé ces valeureux hommes de la 42e division et leurs camarades français à se battre, et pour nombre d’entre eux à subir le sacrifice ultime –une mort dans la boue et la souffrance – méritent la reconnaissance et le devoir de mémoire dont ce mémorial témoigne. Il est souvent facile pour les historiens lorsqu’ils observent les événements en perspective de regretter l’absurdité d’une guerre passée.

Il y eut à l’époque, et ils durent aujourd’hui, de très importants désaccords moraux et philosophiques sur le bien-fondé de la Grande Guerre. Nous ne pouvons pas les oublier car il n’y a pas de sagesse gagnée à oublier. Mais nous ne devons pas oublier non plus les troupes de la 42e Division et leurs frères français qui se sont battus pour une noble cause, en pensant qu’ils se battaient pour mettre fin à la guerre. Ils pensaient, comme un président des Etats-Unis le dit plus tard, que « l’humanité doit mettre un terme à la guerre – ou la guerre mettra un terme à l’humanité »

Ceux qui se sont battus à la ferme de la Croix Rouge font partie de notre héritage commun

– partie du lien qui unit notre amitié franco-américaine. Ceux qui sont morts ici sont la réflexion du meilleur de nous-mêmes. Ils ont sacrifié leur vie au nom du devoir, de l’honneur et de la patrie.

Ce ne seront ni le nombre de gerbes ni les actes du souvenir qui leur rendront justice, mais il est juste de rendre honneur, à eux et à leur sacrifice.

Je me joins ici à tous ceux qui ont fait de ce mémorial une réalité. En dédiant ce monument à la 42e division, nous n’oublierons jamais sa dévotion et la valeur de son sacrifice. Grace à ce mémorial, ils sont là devant nous, ceux qui ne vieilliront jamais, défiant le temps, dans une mémoire partagée franco-américaine.


Allocution de M. Gary Fuller – Maire d’Opelika, Alabama

En tant que maire de notre belle ville d’Opelika, Alabama, je me tiens devant vous aujourd’hui pour reconnaitre et honorer la mémoire de ces braves soldats du 167th régiment d’infanterie d’Alabama qui ont offert le sacrifice suprême sur ce champ de bataille, le 26 juillet 1918. Ces soldats d’Alabama n’avaient pour les représenter aucun politicien de renom, aucune célébrité pour promouvoir leur cause… mais nous savons que nos hommes étaient des combattants et qu’ils ont joué un rôle essentiel pendant cette bataille de la Ferme de la Croix Rouge.

Merci infiniment d’honorer la mémoire de ces hommes courageux d’Alabama et de la ville d’Opelika. J’apprécie infiniment, au nom du conseil général d’Opelika et de tous nos citoyens, ce monument qui a été érigé pour honorer nos héros disparus. J’apprécie tout particulièrement le travail de Nimrod Frazer et de Monique Seefried qui ont permis que nous soyons ici aujourd’hui. Les historiens jugeront le crédit qui sera attribué à ces soldats d’Alabama pour s’être battu à la Ferme de la Croix Rouge. Tous les récits qui témoignent de cette bataille la montre comme une des batailles les plus dures gagnées par les Américains pendant la Première Guerre, et comme une victoire qui força les Allemands à battre en retraite.

Que Dieu bénisse la mémoire de tous les soldats, français et américains, celle tout particulièrement du Major Dallas B. Smith, natif d’Opelika et commandant du 3e bataillon, qui attaqua par le sud et le sud-ouest. La compagnie I était elle aussi d’Opelika, et son commandant, le Lieutenant John M. Powell, perdit la vie pendant cet assaut. La moitié de sa compagnie fut tuée ou blessée. Le lieutenant Harry Young, gravement blessé, fut l’un de ceux -qui peuvent se compter sur les doigts de la main- qui s’emparèrent de cette ferme où nous étions tout à l’heure. Le lieutenant Henri Griggs, qui était à ses cotés, écrivit : « Ces combats furent les plus durs de ceux dans lesquels mon bataillon se trouva engagé et les seuls combats à main nue auxquels j’ai assisté pendant la guerre »

Merci, un grand merci de vous souvenir et d’honorer la mémoire de ces hommes courageux.


Allocution du General Perry G. Smith – Alabama Garde Nationale

J’ai du mal à trouver les mots justes aujourd’hui. Quand je pense aux événements qui se déroulèrent ici il y a près de cent ans – les vies perdues, les témoignages de courage, la liberté conquise, les vies transformées – il est difficile pour moi de comprendre l’étendue du sacrifice qui a été fait en ces lieux.

Nous commémorons aujourd’hui ceux qui sont morts ici, soldats américains et français réunis contre ceux qui voulaient illégalement s’emparer de ce qui ne leur appartenait pas et voulaient aussi cruellement imposer leur domination à d’autres. J’apprécie infiniment les membres de la fondation, les élus locaux et les représentants du gouvernement français qui ont contribué à la préparation de cette commémoration. Sentir que la mémoire de nos alliés ne s’est pas affaiblie au cours de toutes ces années est très réconfortant. C’est aussi un testament du courage et de la vaillance dont ce champ de bataille a été témoin.

En temps de crise, les Français et les Américains ont une longue histoire de coopération. Elle a vu le jour quand la marine française, sous les ordres de De Grasse, est venue au secours du Général Washington à la bataille de Chesapeake au moment de la création de notre nation. En 1917, nous avons pu rendre le même service en traversant l’Atlantique pour ajouter nos forces au combat contre l’envahisseur allemand.

Le 167e régiment d’Alabama faisait partie de cette force américaine que représentait la 42e division. Ici, à la ferme de la Croix Rouge, le 167e régiment subit de lourdes pertes au coté de ses frères d’Iowa. Le 167e reçut de nombreuses distinctions pour la bravoure dont il fit preuve sur ce champ de bataille, en cette fin juillet 1918.

Le 167e régiment conserve cette tradition et continue à se distinguer sur les champs de bataille. Il va être déployé l’an prochain en Afghanistan pour libérer un autre peuple oppressé. Les temps sont différents, les guerres sont aussi très différentes, mais l’honneur et le service du 167e et de la garde nationale d’Alabama restent les mêmes.

Aujourd’hui nous reconnaissons le sacrifice de Soldats. C’est la fraternité de compagnons d’armes que nous célébrons aujourd’hui – même s’ils appartiennent à différentes nations, sur des continents éloignés.

Quand les soldats du 167e et le reste de la 42e division combattirent ici, ils se battirent pour la liberté et pour la paix, tout comme ils le font aujourd’hui. Leurs corps sont tombés ici, sous nos pieds, à des milliers de kilomètres de chez eux, mais au plus près de la cause pour laquelle ils combattaient. Leur sacrifice eut lieu il y a près de 100 ans, mais il n’est pas vieux, il n’est pas « éventé », et il n’est certainement pas oublié.

Merci encore pour ce mémorial. Il est si important pour le 167e et pour la garde nationale d’Alabama.

Que Dieu bénisse la mémoire de ceux qui ont péri en ces lieux. Que Dieu bénisse les Soldats qui continuent à se battre et meurent pour la liberté, et que Dieu bénisse leur famille.

Souvenons-nous toujours, comme nos pays l’ont compris en 1918, que ceux qui sont unis par une cause juste, peuvent s’unir pour le bien du monde entier !

Merci de m’avoir invité à venir ici aujourd’hui et pour votre attention. Merci du fond de mon cœur.


Allocution du General Raymond Carpenter  – Directeur de la Garde Nationale, Armée Américaine

C’est un honneur pour moi d’être au milieu de vous alors que nous rendons hommage aux sacrifices des Soldats d’une unité historique de l’Armée américaine.

C’est très émouvant d’être ici avec vous, sur ce sol sacré et de regarder en arrière vers une époque de généreux sacrifices et d’extraordinaire courage. Il y a 93 ans, nos deux pays se battirent cote à cote ici, versant leur sang et consacrant cette terre.

Lorsque les troupes américaines arrivèrent en Europe, la France avait déjà souffert énormément. A partir du moment où notre pays entra dans la guerre pour se battre au coté de la France et de ses autres alliées, un véritable sentiment d’urgence aux Etats Unis anima la mobilisation d’une force expéditionnaire qui fut envoyée de l’autre coté de l’Atlantique se joindre aux combats.

Dans le but de déployer en France, aussi vite que possible, une force bien entrainée, le département américain de la guerre choisit les meilleurs unités parmi les gardes nationales à leur disposition et en fit une nouvelle division. Il sélectionna des unités de 26 états américains et du district de Columbia pour former cette division, qui fut organisée le mois suivant à Camps Mills, Long Island, dans l’état de New York. Elle reçut le nom de 42e division et s’entraina en vue de son déploiement en France, préparée à partir au loin.

Douglas MacArthur, qui était alors colonel et le chef d’état major de la division joua un rôle très important dans la création de cette division légendaire. Afin d’illustrer le mélange de cultures, d’origines, et d’accents représentés par les unités de cette division provenant d’états si différents, il la baptisa la « division Arc-en-Ciel » en declarant : « la 42e division couvre les Etats Unis comme un arc-en-ciel ».

Non seulement MacArthur décrivait la décrivait bien ainsi, il permit aussi de lui donner une unique identité, mémorable, et depuis lors la 42e division est toujours appelée la division arc-en-ciel.

Ces jeunes hommes, engagés dans des gardes nationales de plus de la moitie des états américains, et aussi du District de Columbia, la capitale de notre nation, venaient de grandes ou petites villes ou de communautés rurales comme celles qui nous entourent.

Ces hommes quittèrent leur foyer, leur travail. Trop nombreux furent ceux qui ne revinrent pas. Nous leur rendons honneur aujourd’hui.

Comme vous le savez tous, le combat de la ferme de la Croix Rouge fut brutal.

Le commandant du 3e bataillon, le major Dallas B. Smith, lui aussi un natif d’Alabama, décrit ce qui se passa pendant ces affrontements au cours desquels il fut blessé, ce qui lui valut la Distinguished Service Cross :

« Nous n’avions pas encore fait cent mètres vers la ferme de la Croix Rouge que le combat au corps à corps commença… en utilisant à la fois la baïonnette, comme nous l’avions appris pendant tant d’heures d’entrainement, et la crosse du fusil, ce qui était beaucoup plus efficace. Mon bataillon subit de lourdes pertes. Je dus le réorganiser en deux petites compagnies. »

Dix ans après l’armistice, le père Francis D. Duffy du 165e régiment de New York (qui faisait aussi partie de la 42e. Le père Duffy était légendaire et il y a une statue de lui grandeur nature a Broadway) déclara : « il n’y eu pas d’attaque plus soutenue et plus courageuse pendant tout la guerre que la prise de la ferme de la Croix Rouge par le bataillon de Dallas Smith, il y a dix ans, le 26 Juillet 1918 »

Nous sommes réunis ici, aujourd’hui pour célébrer ces Soldats de différents pays qui forgèrent des liens indissolubles. Ces combattants luttèrent cote à cote, pour la liberté et la démocratie, unis dans la lutte contre la tyrannie. Ils souffrirent au nom d’idéaux qui nous rassemblent encore aujourd’hui.


Allocution de M. Jean-Paul Roseleux – maire de Fère-en-Tardenois, président de la communauté des communes du Tardenois

C’est un grand honneur pour moi aujourd’hui de vous accueillir dans le Tardenois, terre d’art et d’histoire.

Ce 12 Novembre marque l’inauguration du mémorial de la Ferme de la CROIX ROUGE. Cette inauguration est un double symbole.

En ce lendemain de la commémoration de l’Armistice, rendre hommage à nos alliés est un geste fort. Voilà presque 100 ans que se déclenchait cette guerre fratricide. Cette guerre que l’on a nommé « la Grande Guerre ». Grande Guerre en effet !.. 9 millions de morts, 20 millions de mutilés…

Près de 600 000 veuves et 1 000 000 d’orphelins.

Une société radicalement transformée…

Malgré cela, cette victoire est la victoire du droit : droit de se révolter face à la barbarie, droit à la démocratie sur l’hégémonie…

Victoire chèrement acquise ! …grâce à la vaillance de nos troupes, et l’aide indispensable et combien précieuse de nos alliés, en particulier nos amis Americains. En effet, leur présence dès 1917 a redonné espoir dans ce conflit qui s’enlisait, et l’apport des troupes et des tonnes de matériel a largement contribué à la victoire finale. A quel prix !… Comme vous le savez maintenant, durant cette journée de la croix rouge, plus de 200 morts, 1000 blessés…

Le deuxième symbole c’est l’œuvre… Lorsque l’on s’approche de votre Piéta, Mr BUTLER, on est envahis d’émotion. Les mots nous manquent. On reste muet. Les nombreuses personnes qui sont venues ont tous le même ressenti. Une dame me disait en me montrant son ventre : … « Ça vous prend là, et on reste sans voix ! »…

Le regard que porte ce soldat sur son camarade est tellement émouvant ; ON est devant un frère qui porte son cadet dans ses bras et son regard semble dire : POURQUOI ? Que de sensibilité dans les gestes et les attitudes de ces deux soldats. L’exactitude de l’équipement… La finesse des détails…. On reste figés devant autant de réalisme !

Je vais oser une comparaison, M. BUTLER : vous avez donné une âme à ce bronze.

J’ai la même émotion qu’en présence de la petite Châtelaine. Comme pour cette sculpture de Camille Claudel, on a envie de porter la main sur elle pour communier avec, et s’emparer d’une miette de cette sensibilité. Votre Piéta est digne d’être posée sur la terre natale de Camille CLAUDEL. Tous les FEROIS sont fiers d’être les dépositaires d’une telle œuvre. Mes remerciements vont à tous les acteurs qui ont permis cette inauguration :

Monique Seefried, Présidente de la fondation du mémorial de la Croix Rouge, opiniâtre et téméraire, qui a su si bien convaincre les uns et les autres, afin de faire aboutir ce projet grandiose,

Rod Frazer, qui a souhaité honorer la mémoire de son père, blessé sur le site, et qui est un des principaux investigateurs de ce mémorial,

James Butler, le maître, l’artiste…

Farquhar Laing, le fondeur pour la qualité de son tr avail,

Le Président-Sénateur Daudigny, qui à travers l’intérêt personnel porté à ce mémorial, l’a largement appuyé au sein des instances du département,

Notre député, Isabelle Vasseur, toujours présente, et très attentive à l’aboutissement des projets du territoire,

Monsieur le Préfet, Monsieur le Sous-préfet qui ont tout de suite compris l’importance de ce site commémoratif, et qui ont suivi l’évolution de ce dossier avec beaucoup d’attention,

Les Anciens combattants, qui honorent de leur présence toutes les cérémonies patriotiques, ainsi que M. Odelot, leur représentant.

Mme Lalier, Principale Adjointe du Collège de FERE EN TARDENOIS, et les élèves, qui ont montré beaucoup d’intérêt et d’implication dans ce projet,

Catherine Da Silva qui s’est énormément investie dans la mission que je lui ai confiée, et tout le personnel communal qui a eu à cœur d’organiser cette journée.

Nous sommes fiers de l’honneur qui nous est fait, et soyez assurés, Madame la Présidente, que nous saurons nous en montrer dignes.


Allocution de Monsieur Yves Daudigny – sénateur, président du Conseil général de l’Aisne

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs…

Pour reprendre les paroles d’Abraham Lincoln sur le champ de bataille de Gettysburg :

“We can not dedicate — we can not consecrate — we can not hallow, this ground — The brave men, living and dead, who struggled here, have hallowed it, far above our poor power” We thank them.

Nous sommes réunis pour inaugurer ce monument, hommage au courage des combattants de la 42e division américaine, que nous avons vu être installé et dressé sur ce piédestal en ce lieudit de la Ferme de la Croix-Rouge il y a de cela quelques semaines seulement.

J’ai eu l’occasion à ce moment-là de dire à quel point était touchant le fait que, près d’un siècle après les événements auxquels ce monument se réfère, on trouve encore des femmes et des hommes pour imaginer une telle initiative ; des femmes et des hommes suffisamment résolus pour passer de l’intention aux actes ; des femmes et des hommes qui pour cela ont traversé l’Atlantique.

La qualité artistique de l’œuvre de James Butler, exposée quelque temps dans un haut lieu de culture à Londres, a également été soulignée. Elle retient l’attention. Choisir un artiste renommé, commander à sa créativité, à ses mains une œuvre unique qui sera dévolue au souvenir de ces hommes, c’est déjà faire mémoire. Dans l’intention est déjà l’hommage.

Qu’il me soit permis d’insister aujourd’hui : c’est là une sculpture émouvante, belle ; dans laquelle chacun lira, interprètera les desseins de l’artiste et de ses commanditaires à l’aune de sa propre sensibilité aux événements et aux hommes de la Grande Guerre. Pour ma part j’en retiens une mise en avant des valeurs de solidarité, de rapport citoyen au monde et de courage. Des valeurs que ces hommes ont manifesté dans l’épreuve.

Notre département vous le savez a été profondément marqué par les événements de la Première Guerre mondiale. Théâtre de plusieurs grandes batailles, il a subi des destructions à l’échelle des 4/5 de son territoire, a été occupé dans toute sa partie nord et a vu partir sur des chemins d’exil les 2/3 de ses habitants.

Comment dès lors rester insensible au geste de mémoire qui est le vôtre ? Comment ne pas s’y associer ? Nous sommes ici sur l’un des champs d’affrontement majeur de la guerre, celui de la 2e bataille de la Marne du printemps et de l’été 1918. Un épisode qui débute par une fulgurante percée allemande à partir du Chemin des Dames, jusqu’aux portes de Château-Thierry.

On sait aujourd’hui combien fut capital le concours des forces du Corps expéditionnaire américain dans ces jours difficiles de l’été 1918 pour arrêter la dernière grande offensive allemande et permettre la contre-attaque victorieuse de l’été. La victoire fut acquise à l’automne grâce notamment à ce sacrifice de plusieurs milliers d’hommes venus des Etats-Unis d’Amérique et grâce à l’appui économique et logistique de toute la Nation américaine. La Rainbow Division auquel ce monument rend hommage a pris une grande part à ces événements. Nous ne devons pas l’oublier.

Cette guerre fut un séisme ; elle fit 10 millions de morts à l’échelle du continent, impliqua 35 pays et engloutit jusqu’à 1/5e d’une classe d’âge pour ne parler que des hommes disparus sous l’uniforme ; ses victimes et ses conséquences économiques, sociales et politiques, chacun le sait, ont influé sur l’ensemble du siècle passé.

Qu’il n’y ait plus de témoin direct de ce séisme ne rompt pas le fil de sa mémoire. Celle-ci demeure extrêmement vive. Elle se renouvelle même ! Et chaque année, à différentes périodes du calendrier, des milliers de nos concitoyens s’en emparent et la font vivre à travers des manifestations protéiformes, qui vont des commémorations officielles aux manifestations mémorielles associatives, locales, départementales, aux marches, lectures, concerts etc. Le cinéma, la littérature, le théâtre, la chanson, les musées entretiennent un rapport étroit à cette mémoire, la nourrissant et s’en nourrissant. Cette mémoire est génératrice de lien social, elle est une occasion de faire société. C’est là toute son importance alors que notre pays, comme d’autres en Europe, est secoué par des bouleversements économiques et sociaux de très grande ampleur. C’est pourquoi, il y aurait quelque paradoxe – alors que dans moins de 1 000 jours nous entrons dans un centenaire dont tout le monde parle déjà -à imaginer que demain on ne commémorerait plus officiellement ces événements.

Prenons garde à ce que pour faire exister d’autres commémorations, d’autres mémoires au demeurant absolument légitimes et justes dans leur principe, on prenne appui sur ce lieu de mémoire qu’est la commémoration de la Grande Guerre ; et que ce faisant on en oublie sa singularité maintes fois établie par les historiens avec pour résultat, en définitive, de créer un nouvel objet de mémoire aux contours plus flous, sur lequel il serait difficile de construire un accord commun. Le consensus qui existe aujourd’hui, est me semble-t-il précieux, il n’appartient à personne sinon à nous tous.

Après la Grande Guerre l’établissement d’une journée de commémoration relevait de l’évidence. Le législateur assigna à cette commémoration un double sens : C’était la commémoration de la victoire et c’était également la commémoration de la paix. Avec le recul, la disparition des derniers acteurs de la Grande Guerre et nos questionnements sur l’Europe, aujourd’hui ce qui fait sens, c’est bien la paix. Il nous faut continuer à honorer demain comme nous le faisons aujourd’hui le sacrifice de tous ces hommes sous l’uniforme qu’ils aient été américains, français, britanniques, allemands, africains… au nom d’une conquête précieuse sur notre continent : celle de la paix.

Je vous remercie.

 

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